Prix : 25 000 FCFA
L’ENSEIGNE en Côte d’Ivoire fut un moyen de communication populaire, très prisé. Elle l’est encore. Elle naît au carrefour des rues, accrochée aux petites échoppes, elle fait partie du paysage urbain. Elle est le témoin du génie « des petits métiers », des entreprises spontanées du secteur informel, parfois éphémères, souvent bien enracinées dans la vie des grandes cités africaines. Coups de foudre amusés, inspirations nourries de rencontres, à l’occasion d’un dépannage auto, d’une réparation de chaussures… guérisseurs, horlogers, couturières, coiffeurs, maquis, bars, photographes, vulcanisateurs, etc., réclames de labels d’excellence qui allient leur création picturale, parfois, à un vocabulaire très imagé comme : « Au bar la providence la bière est providentielle », ou « les jalouses vont maigrir » pour tel tailleur qui vantera ses coupes vestimentaires en appui de beaux pagnes… Dans la cité moderne actuelle, l’enseigne s’est déplacée sur les gbaka ou minibus, les taxis, parfois sur les camions, et devient un décor de restaurant, ou de boîte de nuit. Le « nouchi », langage ivoirien évolutif, né de la rue, dans la rue, où toutes les ethnies se retrouvent, s’y glisse, avec même des mots anglais, comme enjayé de enjoy. « Suis enjayé paé le mougou mougou a djô », je suis contente parce que j’ai fait une bonne recette, démontre une vie active, proche de l’actualité trépidante de la cité ; « fé chap chap ya clien devan », fais vite, il y a des passagers devant, ou « fo gbra ici », il faut garer ici. Ce livre est composé de multiples photos d’enseignes, anciennes et nouvelles, judicieusement photographiées par Uwe Ommer dans ses parcours en Côte d’Ivoire, pendant plusieurs années.